La Femme (Espace Médoquine, 19 Janvier 2017)

la-femme-mystere-2016« Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui écoutent La Femme, et les autres… » Pas sûr que Clint Eastwood ait traversé l’Atlantique pour se joindre à nous ce soir à Bordeaux, mais une choses est sûre : La Femme ne laisse pas indifférent.

Découvert en 2012 au festival We Love Green alors que Psycho Tropical Berlin, leur excellent premier album, n’était encore qu’à l’état d’embryon, La Femme nous avait d’emblée conquis par leur fraîcheur et leur fougue. Il était assez clair qu’avec eux quelque chose allait se passer.

Cinq ans, deux disques marquants – même si un peu trop longs – et un paquet de concerts plus tard, le groupe est en passe de rafler la mise. Et pourtant, rarement, ces dernières années, un groupe français a semblé aussi clivant que La Femme.

Le cocktail proposé s’annonçait effectivement risqué sur le papier : un soupçon de naïveté, une dose de kitsch, des paroles qu’on jurerait parfois sorties tout droit d’une cour de récré, des claviers 80’s, une guitare surf,… Et ça marche ! La Femme n’est pas parfaite, mais a les qualités de ses défauts. Surtout, les six membres assument tout, et avec enthousiasme. Ils tentent, osent, se plantent parfois, mais suivent leur voie comme bon leur semble.

Le concert de ce soir est à leur image : ponctué de quelques écarts de route, pas totalement maîtrisé par moments, mais intense, enthousiasmant en diable, parcouru tout du long par une frénésie contagieuse, des mélodies et des rythmiques entêtantes. L’ADN de La Femme est là : le groupe n’a pas son pareil pour faire frétiller nos orteils et bouger nos corps.

Comme sur leur très recommandé dernier-né (Mystère, à la superbe pochette érotico-capillaire), l’impériale « Sphynx » ouvre le bal. Appelé à devenir un classique des setlists du groupe, le morceau impressionne. Le chant sinusoïdal de Clémence Quélennec n’a jamais paru aussi captivant et le groupe, sûr de son fait, déroule le fil, nous fait pénétrer dans son labyrinthe synthétique.

Première piqûre de rappel de Psycho Tropical Berlin, « Packshot » finit de nous réchauffer les mollets avant un réjouissant intermède bubblegum (« Mycose », « Septembre »). La délicieuse ritournelle « Où Va Le Monde » s’avère aussi addictive que sur disque. Marlon Magnée endosse pour l’occasion un costume mi-crooner mi-MC, parcourant la scène en débitant ses paroles désabusées.

S’en suit un tunnel exaltant et de haute volée : « Tatiana » – très Elmer Food Beat -, « Paris 2012 », « Si Un Jour », et le tube « Sur La Planche », qui déclenche une irrésistible excitation collective.

La sublime « Al Warda », un des sommets de Mystère – et de cette soirée -, met une nouvelle fois en valeur le chant hypnotique de Clémence Quélennec. Malgré une acoustique qui ne lui rend pas vraiment justice, le titre est sublimé pour l’occasion par la présence aux platines de DJ Pone, venu en renfort sur deux titres. Le featuring aurait pu s’avérer artificiel (voire promotionnel), mais l’alchimie est bien réelle et DJ Pone fait des merveilles aux platines sur « Exorciseur ».

En dépit de quelques moments plus faibles (« It’s Time To Wake Up (2023) », « Tueur De Fleurs »), la suite est à la hauteur (« Nous Étions Deux », « Elle Ne T’aime Pas », « SSD », « La Femme Ressort »). Mais, tel un enfant gâté ne se contentant pas de son plat de résistance, la salle attend avec impatience le bouquet final, en forme de manifeste pro-transports en commun.

En constatant la perte de contrôle totale que provoque l’intro de « Antitaxi », on se dit que La Femme ne surpassera peut-être jamais cet hymne fondateur, irrésistible rouleau-compresseur électro-yéyé au riff de guitare surf hypnotisant, qui conclut en beauté un concert réjouissant de bout en bout.

La setlist du concert

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